Le CDI intérimaire (CDII) combine la sécurité d’un contrat à durée indéterminée avec la flexibilité des missions en intérim. Pour un salarié, la question principale est souvent : combien vais-je réellement toucher, en mission et en intermission ? Cet article explique pas à pas comment calculer le salaire brut et net, quelles sont les majorations courantes, ce qu’est la garantie minimale en intermission, et compare le CDII avec un CDI classique et l’intérim traditionnel.
1. Les éléments de base pour le calcul
Le point de départ est le taux horaire brut convenu entre l’agence et le salarié. La durée de travail standard en France pour une base mensuelle est souvent calculée sur 151,67 heures (35 heures × 52 / 12). Pour obtenir le salaire brut mensuel en mission, multipliez le taux horaire brut par 151,67. Ensuite, ajoutez les majorations éventuelles (heures supplémentaires, travail de nuit, dimanche, prime d’astreinte, etc.).
Exemple de calcul simple
Si le taux horaire brut est de 12,00 € : 12,00 × 151,67 = 1 820,04 € brut par mois en temps plein. Pour estimer le net, appliquez une déduction moyenne de cotisations salariales de l’ordre de 22 % à 25 % selon le statut et la mutuelle : 1 820,04 × 0,75 ≈ 1 365 € net mensuel.
2. Majoration et primes fréquentes
Les missions peuvent comporter des majorations obligatoires : heures supplémentaires (généralement +25 % ou +50 % selon le seuil), travail de nuit, dimanche et jours fériés, ou primes liées au poste (risque, pénibilité). Par ailleurs, pour l’intérim traditionnel, il existe une indemnité de fin de mission (IFM) d’environ 10 % du salaire brut (sauf cas particuliers) et une indemnité compensatrice de congés payés d’environ 10 %. En CDII, ces composantes peuvent être intégrées différemment dans la rémunération ou maintenues selon les accords de l’agence.
3. Intermissions : garantie minimale et rémunération
En CDII, l’employeur (l’agence) s’engage à proposer des missions régulières. Certaines conventions ou contrats prévoient une garantie minimale de rémunération en période d’intermission (GMR) : un montant fixe ou un pourcentage du salaire habituel versé si aucune mission n’est trouvée. Ce dispositif varie fortement selon l’agence et les accords collectifs. Il est essentiel de vérifier les clauses du contrat pour connaître le montant, la durée et les conditions d’éligibilité (ancienneté, disponibilité, acceptation de missions raisonnables).
4. Exemple chiffré détaillé : étape par étape
- Définir le taux horaire brut convenu : par exemple 13,50 €.
- Calculer le brut mensuel de base : 13,50 × 151,67 = 2 045,05 € brut.
- Ajouter les majorations si applicable (ex. 10 % prime de poste) : 2 045,05 × 1,10 = 2 249,56 € brut.
- Retirer les cotisations salariales estimées (ici 23 %) : 2 249,56 × 0,77 ≈ 1 732,28 € net.
- Si période d’intermission avec GMR à 60 % : 1 732,28 × 0,60 ≈ 1 039,37 € net garanti pour le mois sans mission.
5. Droits et obligations en CDII
Le salarié en CDII conserve des droits comparables à un CDI : cotisations retraite, assurance chômage, accès au CPF, droits à la formation. L’agence doit proposer des missions compatibles avec la qualification du salarié. Le salarié peut, sous conditions raisonnables, refuser une mission jugée non conforme à son profil ou dangereuse — toutefois des refus répétés sans motif peuvent être sanctionnés contractuellement. Il est important de lire précisément les clauses sur la mobilité, les horaires et le périmètre géographique des missions.
6. Comparatif synthétique : CDII, CDI classique, intérim traditionnel
| Critère | CDI intérimaire | CDI classique | Intérim traditionnel |
|---|---|---|---|
| Salaire en mission | Variable selon taux et majorations | Fixe et prévisible | Variable + IFM (≈10 %) |
| Salaire en intermission | GMR possible selon contrat | Salaire maintenu | Pas de maintien sauf indemnités |
| Droits sociaux | Plein accès (retraite, chômage, formation) | Plein accès | Accès mais dépend des missions |
7. Conseils pratiques
- Vérifiez toujours votre contrat pour connaître la GMR, le calcul des primes et la mobilité requise.
- Simulez différents scénarios (missions fréquentes, missions rares, minorations) pour estimer votre revenu annuel réel.
- Demandez un bulletin de salaire détaillé chaque mois pour vérifier les cotisations, les majorations et l’application des indemnités.
- Si vous avez des doutes, sollicitez les représentants du personnel, l’inspection du travail ou un conseiller juridique.
En résumé, le calcul du salaire en CDII demande d’additionner le brut de base, les majorations et primes, puis de déduire les cotisations pour obtenir le net. La spécificité du CDII tient à la gestion des intermissions et à la possible existence d’une garantie minimale. Lire attentivement son contrat et faire des simulations vous aidera à choisir entre stabilité et flexibilité.





